Affichage des articles dont le libellé est Italia. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Italia. Afficher tous les articles

samedi 9 juillet 2016

Les Collines Euganéennes et Arquà Petrarca

Après cette longue incursion en Emilie-Romagne, retournons en Vénétie. Au sud de Padoue, on est surpris devoir surgir d'étranges collines coniques dans cette région plate. Ce sont le collines Euganéennes. Elles sont d'origines volcaniques ce qui explique leur forme. Elles ne culminent pas très haut mais en partant du niveau de la mer, cela fait une belle montée par des routes étroites et sinueuses.


C'est au pied de ces collines que se trouve l'abbaye de Praglia. C'est un complexe monastique toujours en activité.




Mais c'est surtout le petit village d'Arquà Petrarca qui a retenu notre attention. C'est un petit bourg médieval aux ruelles pittoresques. Il est connu pour avoir accueilli le poète Pétrarque à la fin de sa vie. On peut visiter sa maison.


 


dimanche 1 mai 2016

Ferrare : l'Addizione Erculea

Terminons cette visite de Ferrare par l'Addizione Erculea.

A la fin du XVème siècle, le duc de Ferrare Hercule Ier d'Este fait démolir les remparts pour agrandir sa ville. L'architecte Biagio Rossetti parvint à unir harmonieusement la ville médiévale avec la nouvelle en créant astucieusement de nouveaux axes de circulation. Cela me fait penser à Stanislas qui au XVIIIème, a confié à l'architecte Héré le projet de relier les Vieille Ville et Ville Neuve de Nancy. Ainsi, est née  la fameuse place Stanislas, qui au passage est la plus belle du monde. Oui, je sais, je suis chauvin... mais juste un peu.

Revenons à Ferrare. Les travaux ont permis de relier le Château d'Este à l'enceinte nord au niveau de la Porta degli Angeli  par une voie résidentielle appelée Viale degli Angeli. 


Aujourd'hui, cette rue a été rebaptisée Corso Ercole I d'Este. Elle est presque entièrement piétonnière. Il n'y a ni commerce ni boutique. Elle croise l'autre axe de l'Addizione composé vers l'est, du Corso Porta Mare, et vers l'ouest du Corso Biagio Rossetti à un carrefour appelé Quadrivio degli Angeli. Plutôt que de faire une place à cet endroit, Biagio Rossetti choisit de construire à chaque angle un palais.


Le plus célèbre est le Palazzo dei Diamanti dont la façade se compose de 8500 blocs de pierre taillés en pointes de diamant. Ce bâtiment abrite la pinacothèque.


 On remarque d'élégantes frises d'angle avec un balcon sculpté.


En face, voici le Palazzo Prosperi-Sacrati tout en briques rouges. Il possède un pilastre d'angle et un balcon de marbre blanc.



Il possède également un monumental portail de style vénitien, entouré de colonnes cannelées et surmonté d'un balcon de marbre blanc soutenu par des putti assis sur un entablement sculpté de frises.



A un troisième angle du Quadrivio, c'est le Palazzo Turchi di Bagno avec sa façade en briques rouges. A l’angle, pas de frise mais un pilastre cornier en pierre blanche coiffé par des chapiteaux corinthiens. 
Au fait, ce palais n'abrite pas des bains turcs. Turchi et di Bagno sont des noms de famille.



dimanche 15 novembre 2015

Ferrare : le Ghetto

Poursuivons notre visite de Ferrare. Après avoir longé la cathédrale via la Piazza Trento e Trieste, nous arrivons via Mazzini. Nous sommes dans le Ghetto de Ferrare.


Comme son nom l'indique, ce quartier était réservé aux juifs. Leur présence à Ferrare est bien antérieure à la création du ghetto. En effet, la famille d'Este, intéressée par leurs richesses, accueillit de nombreux groupes de juifs chassés de leur pays d'origine : principalement des Espagnols en 1492, puis des Portugais en 1498 et des Allemands en 1530. Ils fondèrent à Ferrare une communauté forte et organisée.


En 1627, le ghetto de Ferrare est créé par le gouvernement pontifical dans la partie la plus ancienne de la ville près de la cathédrale. Cette partie comprend les actuelles via Mazzini,  via Vignatagliata et via della Vittoria.
Empruntons justement la Via della Vittoria.




Le soir venu, de grandes grilles venaient enfermer les juifs dans le ghetto. Lors de l'occupation française en 1796, les portes restèrent ouvertes. En 1826, la fermeture reprit mais avec des règles moins rigides. Depuis 1861, époque de l'unité de l'Italie, le ghetto est ouvert. 
 

Pour autant, le ghetto reste le coeur de la vie de la communauté juive de Ferrare. Giorgio Bassani l'a immortalisé dans ses romans, Cinque storie ferraresi et Il giardino dei Finzi-Contini (le Jardin des Finzi- Contini), ce dernier étant célèbre par son adaptation au cinéma par Vittorio De Sica.
Au 41 de la Via Vittoria, une plaque rappelle l'emplacement de l'ancienne synagogue espagnole qui fut détruite par les nazis en 1944.

 Regagnons la Cathédrale par la Via San Romano.



dimanche 22 mars 2015

Ferrare : le Padimetro


Le Padimetro s'élève sur une bande de marbre apposée sur toute la hauteur du pilier de l'angle du Palazzo Communale avec la place Savonarola.


On y regardant de plus près, on y découvre les hauteurs des crues qu'a subies la ville de Ferrare.



Celle du 14 novembre 1951 est particulièrement impressionnante. Précisons qu'entre 1951 et 1961, 80.000 personnes quittèrent la province de Rovigo et 20.000 celle de Ferrare du fait des inondations répétées du Pô.

Ferrare : Savonarola


En quittant le château pour regagner la Place de la Cathédrale, on ne peut pas ne pas remarquer la statue de Girolamo Savonarola, connu en France sous le nom de Jérôme Savonarole.



Si sa statue est ici, ce n'est pas par hasard. En effet, Savonarola est né à Ferrare en 1452.



Ce frère dominicain fut un prédicateur qui exhorta le peuple à revenir aux préceptes de l'Evangile. Il n'hésita pas à remettre en cause la toute puissance des Médicis qui régnaient sur Florence.

Savonarole n’est pas un théologien :  il ne met pas en place une doctrine, comme Luther ou Calvin. Il prêche simplement que la vie des chrétiens doit comporter plus de bonté, plutôt que d’étaler une splendeur excessive.  Il ne cherche pas à affronter directement l’Église de Rome, mais à en corriger les excès. 

Quand les Médicis sont renversés par la conquête française en 1494, Savonarole devient alors dirigeant de Florence. Il institue un régime qu'il décrit comme une « République chrétienne et religieuse » et qui se transformera en dictature théocratique à Florence de 1494 à 1498.

Peinture de Fra Bartolomeo


En 1497, Savonarole est excommunié par le pape et le peuple se lasse de ses excès. Accusé d'hérésie et de haute trahison envers la ville de Florence, il finit en prison. Après avoir été torturé, il est pendu puis brûlé le 23 mai 1498 sur la Piazza della Signoria. Sur cette même place, un an avant, il avait fait édifier le bûcher des Vanités dans lequel furent brûler des objets considérés participer à la corruption spirituelle, dont de nombreux livres et œuvres d'art.

Savonarole reste aujourd'hui un personnage très controversé. Pour certains, il protestait contre les excès du haut clergé, pour d'autres il appelait au schisme. Pour en savoir plus sur ce personnage, vous trouverez de nombreux articles sur le Web.

samedi 10 janvier 2015

Ferrare : Castello Estense

Avec la cathédrale, le château d'Este ou Castello Estense est un des monuments remarquables de Ferrare.

En 1385, Niccolò II d'Este,  marquis de Ferrare, décida de construire un château-fort pour se protéger, non  d'invasions extérieures mais de son propre peuple. Après la peste, les inondations et la famine qui s'étaient abattues sur la ville, la taxe sur le pain fut de trop et le peuple furieux massacra le ministre des Octrois.


Le château-fort construit  alors en bordure de la ville se trouve maintenant en plein centre. C'est un édifice en briques à plan carré doté de 4 tours défensives. Il paraît que c'est un des plus beaux châteaux d'Italie pour la beauté de ses salles que je n'ai pas visitées. Je ne vous offrirai donc que des vues extérieures.




Le château possède trois entrées qui dispose chacune d'un pont-levis pour passer les douves qui entourent l'édifice. Il existait une quatrième entrée mais qui a été supprimée pour construire des cuisines.


Après un incendie qui endommagea la structure du bâtiment, l'architecte Girolamo da Carpi entreprit en 1553 les travaux de reconstruction qui donnèrent au château l'aspect extérieur tel que l'on peut voir aujourd'hui.

Il remplaça les crénelures par des balustrades en pierre blanche.


Il construisit des miradors sur les tours ce qui les rendit plus élégantes.


Il édifia également un second étage qu'il recouvrit d'un toit en pente.



samedi 27 décembre 2014

Ferrare : Palazzo comunale

Azzo VII d'Este construisit ce palais en face de la cathédrale au XIIIème siècle. Ce fut la résidence des ducs jusqu'à la fin du XVIème, quand la cour se déplaça au Castello Estense que nous découvrirons plus tard. Maintenant, c'est le siège de la Mairie.



Le bâtiment actuel n'est pas d'époque. La partie de la façade qui fait face à la cathédrale a été reconstruite à la fin des années 1920 dans un style néo-médiéval alors que le reste de cette même façade a été remanié au XVIII°.


L'entrée principale face à la cathédrale est appelée Volto del Cavallo et est encadrée par deux colonnes.

La colonne de droite supporte la statue équestre de Niccolò III. Il s'agit en fait d'un petit arc, le tout étant d'inspiration romaine.


La statue de la colonne de gauche est celle de Borso d'Este. Le duc est assis sur un faldistoire et tient d'une main le sceptre, qui symbolise le fait qu'il administre la Justice.


Si vous regardez des photos du Volto del Cavallo du début du XX° siècle, vous vous apercevrez que les statues sont absentes. En fait, elles ont été détruites en 1796 pendant l'occupation française. Aujourd'hui, ce sont des copies exécutées en 1927 et librement inspirées des modèles originaux du XVème siècle.


Une fois la voûte passée, on parvient dans la Cour ducale (Cortile ducale) qui s'appelle maintenant  Piazza del Municipio. Si l'on ne voit plus la façade néo-médiévale, on reconnait aisément la tour crénelée, la Torre della Vittoria, qui domine la place de la cathédrale.
La cour possède un magnifique escalier extérieur de style Renaissance de 1481, le Scalone d'Onore,



Terminons cette visite, par ce magnifique cadran solaire peint entre deux fenêtres en marbre des appartements de la famille d'Este.




dimanche 21 décembre 2014

Ferrare : la cathédrale San Giorgio


La ville de Ferrare doit sa richesse à la famille d'Este qui y régna du XIII au XVI° siècle. De nombreux édifices Renaissance furent construits ce qui donna à la ville son charme actuel.

Rendons-nous à la cathédrale par la Via San Romano. C'est la rue qu'empruntaient les pèlerins pour aller du fleuve à la cathédrale. Au bout de la rue à droite, l'ancienne église San Romano est devenue le Museo della Cattedrale. 



 La rue débouche sur la grande place qui longe la façade sud de la cathédrale, la Piazza Trento e Trieste.


De nombreuses échoppes sont accolées à cette façade. On devine l'ancienne porte des Pélerins qui a été bouchée au XVIII° siècle et qui se trouvait dans l'axe de la Via San Romano.

 

La construction de la cathédrale San Giorgio commença en 1135 pour s'achever à la fin du XVIème siècle. Cela explique pourquoi l'on retrouve différents styles architecturaux.

A l'origine, la façade s'arrêtait au niveau des premières loges dans un style typiquement roman. Les trois flèches de style gothique ont été ajoutées pour symboliser la Sainte-Trinité.

Le portail principal est vraiment magnifique : attardons-nous y un peu.


Dans la loggia au-dessus du porche, une statue de Marie couronnée, tenant Jésus dans ses bras.


Les fleurs au pied de la statue donne un charme certain. Ce n'est pas une statue parmi tant d'autres mais c'est bien la Vierge que l'on vénère.


 
Au-dessus de la loggia, un magnifique bas-relief représente le Jugement dernier.

Sous la frise inférieure, quatre personnages sortent de leur tombeau pour être jugés. Au centre de la frise, Gabriel, accompagné de 2 autres archanges, tient la balance pour peser les actes bénéfiques et les pêchés des pauvres mortels. A gauche les heureux élus, bien vêtus, rejoignent le Paradis, et à droite, les malheureux,  nus et enchaînés se dirigent vers l'enfer.

Sur chaque côté de la loggia, des bas-reliefs représentent, à gauche Abraham qui symbolise l'entrée du Paradis ...


et à droite le diable précipitant les âmes perdues dans une marmite.




Le porche est soutenu par des colonnes ouvragées, reposant elle-mêmes sur des lions allongés, l’un tenant un bélier entre les pattes, l’autre, une vache.

 

On observe aussi des cariatides, statues supportant la colonne. A gauche, c’est un jeune homme qui doit s’y prendre à deux mains pour soutenir le poids de la colonne. A droite, on reconnaît un vieil homme qui, lui, doit appuyer sa main droite sur son genoux pour s’équilibrer et tenir son fardeau.


A l'extérieur, la partie inférieure est de style roman, la partie supérieure de style gothique et le campanile de style Renaissance. Qu'en est-il de l'intérieur ?



Cela change vraiment du dépouillement, relatif c'est vrai, de extérieur. La raison est qu'au XVIII° siècle, après un incendie qui ravagea l'intérieur, celui-ci fut reconstruit en style baroque.