mardi 28 avril 2026

Stuttgart

De Bietigheim-Bissingen, nous n'étions qu'à une vingtaine de kilomètres de Stuttgart. La capitale du Land n'est certes pas connue pour être une destination touristique mais étant si proches cela aurait été dommage de ne pas en avoir un aperçu.

Circuler et stationner dans la 6ème ville d'Allemagne peut être problématique alors nous nous y sommes rendus en train surtout que les deux villes sont bien connectées par le tram et le train. Les horaires nous permettaient de passer la fin de l'après-midi et de dîner tranquillement à Stuttgart, le retour à Bietigheim étant assuré pour dormir.

Stuttgart est connu pour être le berceau de l'automobile allemande et plus précisément de Mercedes-Benz et Porsche.

La tour de la gare est surmontée d'une grande enseigne rotative illuminée en forme d'étoile de la marque Mercedes-Benz. Lors de notre visite, la gare était toujours en travaux et nous n'avons pas pu voir ce symbole.

En haut-allemand, Stuot désigne la jument et Garten une grande étendue et de fait Stuttgart, un territoire peuplé de chevaux. Ce n'est donc pas pour rien que le blason de la ville comportait deux juments. Depuis 1938, il s'est stabilisé en une jument noire se cabrant sur fond jaune.


Et voilà d'où a été inspiré le logo de Porsche.



Les amateurs de voiture auront de quoi satisfaire leur passion avec le Mercedes-Benz Museum et le Porsche Museum. 

Pour nous, le programme était promenade dans le centre et seulement promenade, car en ce lundi de Pentecôte, les magasins étaient fermés. C'était une belle journée ensoleillée et les gens profitaient pleinement des parcs et jardins.

grand magasin Breuninger : geschlossen

C'était heureusement une belle journée ensoleillée et les gens profitaient pleinement des parcs et jardins.

Opernhaus

Le Neues Schloss (Château neuf) est un palais comme on les construisait au XVIII° siècle. Il situé au cœur de la ville. Les bombardements de la 2nde Guerre mondiale ayant presque totalement détruit le centre historique, il a été reconstruit après 1945.

Neues Schloss (côté nord)



La Schlossplatz (Place du Château) est une vaste place s'ouvrant sur le côté ouest du Neues Schloss. Elle est agrémentée de fontaines ...

Schlossplatz

... et en son centre d'une colonne, la Jubiläumssäule (Colonne du Jubilé) qui a été érigée en 1841 pour les 25 ans de règne de Wilhelm Ier, roi de Wurtemberg.

Jubiläumssäule

Puisqu'il y a un château neuf, il a bien dû aussi avoir un vieux château. 

Il existe toujours et il est juste à côté. L'Altes Schloss est un imposant château, en grande partie du XVI° s. qui a été la résidence des ducs de Wurtemberg.

Altes Schloss (côté Schlossplatz)


Il possède une charmante cour intérieure appelée Cour aux Arcades.

Arkadenhof

C'est là que se trouve la statue équestre du duc Eberhard à la barbe (Herzog Eberhard im Bart), le père fondateur du Wurtemberg.





Altes Schloss (côté Schillerplatz)

La sortie ouest du château donne sur la Schillerplatz qui doit son nom au célèbre poète Friedrich Schiller. Il y a beaucoup de rues et de places qui portent ce nom en Allemagne, mais ici c'est plus régional car Schiller est né à Marbach à une vingtaine de kilomètres de Stuttgart.

Schillerplatz

Sur la place, on remarque bien entendu la statue du poète mais aussi un beau bâtiment, l'Alte Kanzlei, qui abritait autrefois l'administration du prince-souverain.

Alte Kanzlei

Si on ne l'a pas remarqué avant depuis la Schlossplatz, il faut prendre du recul pour voir cette belle perspective :


Il s'agit de la Stiftskirche (collégiale de la Sainte-Croix), qui avec ses deux tours inégales et l'un des emblèmes de la ville. Quand on arpente le centre de la ville, on ne voit qu'elle. À chaque coin de rue, on la découvre sous un angle différent.


Marktplatz

Nous avons déjà parlé de deux symboles de la ville : le logo Mercedes de la tour de la gare et la Stiftskirche. Il faut aussi parler de la tour de télévision (Fernsehturm).

Fernsehturm

Nous ne la cherchions pas mais nous y étions obligés de la traverser à un moment ou un autre car près des deux châteaux. Il s'agit de Karlplatz avec son monument à l'empereur Guillaume Ier (Kaiser-Wilhelm-Denkmal).


Une statue équestre, deux lions devant et deux petits obélisques derrière. Rien de plus germanique en soit (quel cliché !).

Mais, si l'on regarde de plus près les inscriptions sur les obélisques, on peut y lire le nom de batailles gagnées par les Prussiens pendant la guerre de 1870 : Toul, Gravelotte, Saint-Privat, Metz, Sedan, etc. Cela fait bizarre pour un Lorrain de voir ainsi tout un morceau d'histoire commémoré par le camp adverse.

Bien sûr, il faut savoir prendre du recul sur tout cela.

Stuttgart ne mérite certes pas un détour mais ce n'est pas pour autant qu'il faille la bouder.



jeudi 23 avril 2026

Bietigheim-Bissigen

Mon voyage en terre andalouse est maintenant trop ancien pour en parler avec facilité. Je fais donc l'impasse sur Séville, Cordoue et Grenade sans regret car beaucoup de choses ont déjà été dites sur ces destinations touristiques.

Partons pour un autre horizon ! La Bavière.

Bon, ça commence mal car notre première étape est Bietigheim dans le Bade-Wurtemberg, à 20 km au nord de Stuttgart. Oh, pas par hasard car c'est sur la route mais surtout parce que mon grand-père y a passé quelques années en tant que prisonnier de guerre. 


Bietigheim a fusionné avec la ville voisine de Bissigen pour former la commune actuelle de Bietigheim-Bissigen, située dans le district (Landkreis) de Ludwigsburg.


J'imaginais une ville reconstruite rapidement après la Seconde Guerre alors j'ai été agréablement surpris. Elle a su conserver des maisons typiques à colombage et il est agréable de se promener dans la ville ancienne.





Marktplatz

das Rathaus

Stadtkirche

Le musée municipal consacré à l'histoire locale est plutôt intéressant.


Il mérite une visite notamment pour le bâtiment qui l'abrite, la maison Hornmold. C'est une des maisons bourgeoises de la Renaissance (1535-1536) les mieux conservées du sud de l'Allemagne. Ses peintures intérieures valent vraiment le coup d'œil. 


À la fin du XX° s., la ville a rénové son centre historique et a agrémenté ses lieux publics de sculpture.

Turm der grauen Pferde (Hillerplatz)
La Tour des chevaux gris


Schwatzweiber (Hauptstrasse)
Les Commères

En descendant lHauptstrasse, la bien nommée rue Principale, on ne peut manquer la Fontaine de la Demoiselle (Fräuleinbrunnen). Construite en 1537, elle se compose de quatre gargouilles et une colonne au sommet de laquelle trône la fée Mélusine.

der Fräuleinsbrunnen

Et tout en bas, voici la Unteres Tor (Porte inférieure), l'unique porte subsistante de la ville (fin du XIV° s.).

Unteres Tor (côté intérieur)

Unteres Tor (côté extérieur)

Bietigheim-Bissingen a aussi de nombreux parcs où il fait bon se promener comme celui au pied du viaduc qui franchit la vallée de l'Enz (21 arches, 287 m de long et 33 de haut)


mardi 20 mai 2025

Vejer de la Frontera : un village blanc

Les villages blancs d’Andalousie sont des villages perchés sur les collines au sud-ouest de l'Andalousie. Leurs maisons blanchies à la chaux et leurs ruelles étroites les rendent très pittoresques. 

À la suite de la visite de Tarifa, nous avions choisi de visiter celui le plus proche, à savoir celui de Vejer de la Frontera. Situé dans la province de Cadix, ce pueblo blanco est classé parmi les 10 plus beaux villages d'Espagne alors nous ne pouvions pas être déçus.

 


L'église du Divin Sauveur (Iglesia del Divino Salvador) est construite sur le site d'une ancienne mosquée dont il reste le minaret. L'ensemble architectural se compose de deux parties parfaitement différenciées qui correspondent à deux étapes de sa construction : le chevet gothique-mudéjar du XIVe siècle, et une extension gothique tardive de la fin du XVe siècle et du début du XVIe siècle.


iglesia del Divino Salvador




puerta Cerrada

Sur le mirador de la Cobijada, en face de cette porte, se trouve une statue d'une femme tout en noir bien intriguante. C'est un monument en hommage à la femme de Vejer (monumento en homenaje a la mujer vejerega).


Il y a quelques années encore, les femmes avaient l'habitude de se couvrir la tête d'une capuche et de couvrir une partie de leur visage d'un manteau noir, de sorte que la seule partie visible de leur corps était l'un de leurs yeux. Il s'agirait d'une tradition d'origine musulmane, qui s'expliquerait par la nécessité de protéger leur peau du vent chaud et sablonneux de l'est.

La sculpture représente une femme enveloppée dans une longue robe noire qui ne laisse apparaître qu'un regard triste dans l'œil qui dépasse. La statue peut être interprétée du point de vue de la critique sociale concernant l'égalité des sexes et la liberté des femmes, ce qui est particulièrement pertinent à Vejer, puisque dans cette ville, les femmes ont longtemps porté de longues robes noires en forme de tuniques, avec une sorte de mantille (sorte de châle) couvrant une grande partie de leur visage.

Cette coutume a perduré jusqu'au milieu du XX° siècle lorsque son utilisation a été interdite. Ce vêtement était connu sous le nom de "costume cobijada".

Source : esculturaurbanaaragon.com.es


plaza de España

La Plaza de España est un lieu de rencontre bien agréable autour de sa fontaine ornée de grenouilles.


samedi 14 octobre 2023

Tarifa : 36° N

Je ne pouvais pas aller en Andalousie sans descendre au point le plus au sud de l'Espagne, que dis-je, au point le plus au sud de l'Europe continentale.

Il ne s'agit pas de Gibraltar que j'ai d'ailleurs ignoré car je n'étais pas venu en Andalousie pour y trouver une atmosphère britannique. Le plus au sud, c'est bien la ville de Tarifa par 36° de latitude Nord.


De là, on voit très bien les côtes marocaines et l'Afrique semble si proche. 

Djebel Musa, une des deux colonnes d'Hercule.

Des ferrys font la navette entre le port de Tarifa et Tanger.


La ville ne pouvait pas ne pas faire partie du système défensif du détroit et conserve encore quelques fortifications comme la Puerta de Jerez.

Puerta de Jerez
Une statue commémore la prise de la ville aux musulmans en 1292 par Sanche IV le Brave, roi de Castille et Leon.

Sancho IV El Bravo
Il est agréable de se promener dans Tarifa, le long de ses petites rues bordées de maisons aux façades blanches, agrémentées de fontaines et ornées de faïences.

calle Guzmán el Bueno

fontaine aux grenouilles de la Plaza Santa Maria

la bibliothèque et les archives

La calle Padre Felix conduit à l'église San Mateo.

calle Padre Felix

La construction de l'église San Mateo remonte à la première moitié du XVI° siècle. Le portail baroque qui, au centre du mur, s'élance entre des pilastres date de 1774.

iglesia San Mateo
À l'intérieur, on y retrouve des statues habillées comme c'est la tradition en Andalousie.


Tarifa est avant tout une ville de mer, une ville du détroit, comme le rappellent, près du port, le monument dédié aux Hommes de la mer...

a los hombres de la mar
... et les azulejos de la Plaza Miramar