dimanche 22 mars 2015

Ferrare : le Padimetro


Le Padimetro s'élève sur une bande de marbre apposée sur toute la hauteur du pilier de l'angle du Palazzo Communale avec la place Savonarola.


On y regardant de plus près, on y découvre les hauteurs des crues qu'a subies la ville de Ferrare.



Celle du 14 novembre 1951 est particulièrement impressionnante. Précisons qu'entre 1951 et 1961, 80.000 personnes quittèrent la province de Rovigo et 20.000 celle de Ferrare du fait des inondations répétées du Pô.

Ferrare : Savonarola


En quittant le château pour regagner la Place de la Cathédrale, on ne peut pas ne pas remarquer la statue de Girolamo Savonarola, connu en France sous le nom de Jérôme Savonarole.



Si sa statue est ici, ce n'est pas par hasard. En effet, Savonarola est né à Ferrare en 1452.



Ce frère dominicain fut un prédicateur qui exhorta le peuple à revenir aux préceptes de l'Evangile. Il n'hésita pas à remettre en cause la toute puissance des Médicis qui régnaient sur Florence.

Savonarole n’est pas un théologien :  il ne met pas en place une doctrine, comme Luther ou Calvin. Il prêche simplement que la vie des chrétiens doit comporter plus de bonté, plutôt que d’étaler une splendeur excessive.  Il ne cherche pas à affronter directement l’Église de Rome, mais à en corriger les excès. 

Quand les Médicis sont renversés par la conquête française en 1494, Savonarole devient alors dirigeant de Florence. Il institue un régime qu'il décrit comme une « République chrétienne et religieuse » et qui se transformera en dictature théocratique à Florence de 1494 à 1498.

Peinture de Fra Bartolomeo


En 1497, Savonarole est excommunié par le pape et le peuple se lasse de ses excès. Accusé d'hérésie et de haute trahison envers la ville de Florence, il finit en prison. Après avoir été torturé, il est pendu puis brûlé le 23 mai 1498 sur la Piazza della Signoria. Sur cette même place, un an avant, il avait fait édifier le bûcher des Vanités dans lequel furent brûler des objets considérés participer à la corruption spirituelle, dont de nombreux livres et œuvres d'art.

Savonarole reste aujourd'hui un personnage très controversé. Pour certains, il protestait contre les excès du haut clergé, pour d'autres il appelait au schisme. Pour en savoir plus sur ce personnage, vous trouverez de nombreux articles sur le Web.

samedi 10 janvier 2015

Ferrare : Castello Estense

Avec la cathédrale, le château d'Este ou Castello Estense est un des monuments remarquables de Ferrare.

En 1385, Niccolò II d'Este,  marquis de Ferrare, décida de construire un château-fort pour se protéger, non  d'invasions extérieures mais de son propre peuple. Après la peste, les inondations et la famine qui s'étaient abattues sur la ville, la taxe sur le pain fut de trop et le peuple furieux massacra le ministre des Octrois.


Le château-fort construit  alors en bordure de la ville se trouve maintenant en plein centre. C'est un édifice en briques à plan carré doté de 4 tours défensives. Il paraît que c'est un des plus beaux châteaux d'Italie pour la beauté de ses salles que je n'ai pas visitées. Je ne vous offrirai donc que des vues extérieures.




Le château possède trois entrées qui dispose chacune d'un pont-levis pour passer les douves qui entourent l'édifice. Il existait une quatrième entrée mais qui a été supprimée pour construire des cuisines.


Après un incendie qui endommagea la structure du bâtiment, l'architecte Girolamo da Carpi entreprit en 1553 les travaux de reconstruction qui donnèrent au château l'aspect extérieur tel que l'on peut voir aujourd'hui.

Il remplaça les crénelures par des balustrades en pierre blanche.


Il construisit des miradors sur les tours ce qui les rendit plus élégantes.


Il édifia également un second étage qu'il recouvrit d'un toit en pente.



samedi 27 décembre 2014

Ferrare : Palazzo comunale

Azzo VII d'Este construisit ce palais en face de la cathédrale au XIIIème siècle. Ce fut la résidence des ducs jusqu'à la fin du XVIème, quand la cour se déplaça au Castello Estense que nous découvrirons plus tard. Maintenant, c'est le siège de la Mairie.



Le bâtiment actuel n'est pas d'époque. La partie de la façade qui fait face à la cathédrale a été reconstruite à la fin des années 1920 dans un style néo-médiéval alors que le reste de cette même façade a été remanié au XVIII°.


L'entrée principale face à la cathédrale est appelée Volto del Cavallo et est encadrée par deux colonnes.

La colonne de droite supporte la statue équestre de Niccolò III. Il s'agit en fait d'un petit arc, le tout étant d'inspiration romaine.


La statue de la colonne de gauche est celle de Borso d'Este. Le duc est assis sur un faldistoire et tient d'une main le sceptre, qui symbolise le fait qu'il administre la Justice.


Si vous regardez des photos du Volto del Cavallo du début du XX° siècle, vous vous apercevrez que les statues sont absentes. En fait, elles ont été détruites en 1796 pendant l'occupation française. Aujourd'hui, ce sont des copies exécutées en 1927 et librement inspirées des modèles originaux du XVème siècle.


Une fois la voûte passée, on parvient dans la Cour ducale (Cortile ducale) qui s'appelle maintenant  Piazza del Municipio. Si l'on ne voit plus la façade néo-médiévale, on reconnait aisément la tour crénelée, la Torre della Vittoria, qui domine la place de la cathédrale.
La cour possède un magnifique escalier extérieur de style Renaissance de 1481, le Scalone d'Onore,



Terminons cette visite, par ce magnifique cadran solaire peint entre deux fenêtres en marbre des appartements de la famille d'Este.




dimanche 21 décembre 2014

Ferrare : la cathédrale San Giorgio


La ville de Ferrare doit sa richesse à la famille d'Este qui y régna du XIII au XVI° siècle. De nombreux édifices Renaissance furent construits ce qui donna à la ville son charme actuel.

Rendons-nous à la cathédrale par la Via San Romano. C'est la rue qu'empruntaient les pèlerins pour aller du fleuve à la cathédrale. Au bout de la rue à droite, l'ancienne église San Romano est devenue le Museo della Cattedrale. 



 La rue débouche sur la grande place qui longe la façade sud de la cathédrale, la Piazza Trento e Trieste.


De nombreuses échoppes sont accolées à cette façade. On devine l'ancienne porte des Pélerins qui a été bouchée au XVIII° siècle et qui se trouvait dans l'axe de la Via San Romano.

 

La construction de la cathédrale San Giorgio commença en 1135 pour s'achever à la fin du XVIème siècle. Cela explique pourquoi l'on retrouve différents styles architecturaux.

A l'origine, la façade s'arrêtait au niveau des premières loges dans un style typiquement roman. Les trois flèches de style gothique ont été ajoutées pour symboliser la Sainte-Trinité.

Le portail principal est vraiment magnifique : attardons-nous y un peu.


Dans la loggia au-dessus du porche, une statue de Marie couronnée, tenant Jésus dans ses bras.


Les fleurs au pied de la statue donne un charme certain. Ce n'est pas une statue parmi tant d'autres mais c'est bien la Vierge que l'on vénère.


 
Au-dessus de la loggia, un magnifique bas-relief représente le Jugement dernier.

Sous la frise inférieure, quatre personnages sortent de leur tombeau pour être jugés. Au centre de la frise, Gabriel, accompagné de 2 autres archanges, tient la balance pour peser les actes bénéfiques et les pêchés des pauvres mortels. A gauche les heureux élus, bien vêtus, rejoignent le Paradis, et à droite, les malheureux,  nus et enchaînés se dirigent vers l'enfer.

Sur chaque côté de la loggia, des bas-reliefs représentent, à gauche Abraham qui symbolise l'entrée du Paradis ...


et à droite le diable précipitant les âmes perdues dans une marmite.




Le porche est soutenu par des colonnes ouvragées, reposant elle-mêmes sur des lions allongés, l’un tenant un bélier entre les pattes, l’autre, une vache.

 

On observe aussi des cariatides, statues supportant la colonne. A gauche, c’est un jeune homme qui doit s’y prendre à deux mains pour soutenir le poids de la colonne. A droite, on reconnaît un vieil homme qui, lui, doit appuyer sa main droite sur son genoux pour s’équilibrer et tenir son fardeau.


A l'extérieur, la partie inférieure est de style roman, la partie supérieure de style gothique et le campanile de style Renaissance. Qu'en est-il de l'intérieur ?



Cela change vraiment du dépouillement, relatif c'est vrai, de extérieur. La raison est qu'au XVIII° siècle, après un incendie qui ravagea l'intérieur, celui-ci fut reconstruit en style baroque.