dimanche 19 octobre 2008

Vallée de la Bidasoa : Lesaka et Arantza

La Bidasoa forme la frontière entre la France et l'Espagne sur sa dernière dizaine de kilomètres. Elle sépare Hendaye d'Irun et de Fontarrabie (Hondarribia). En venant de France par Biriatou, une fois passé le fleuve, on arrive au carrefour de Behobia. Là, on rencontre deux directions : Irun et Iruña. Il ne faut pas se tromper. Irun, c'est Irun mais Iruña c'est le nom basque de Pampelune (Pamplona en castillan).

Pour remonter la vallée de la Bidasoa, il faut prendre la direction de la Navarre donc celle de Iruña-Pamplona. 6,5 km plus au sud, nous quittons le Gipuzkoa pour entrer en Navarre. C'est à cette endroit que le fleuve cesse de faire la frontière. A vrai dire, venant de Ciboure, nous étions passé par le Col d'Ibardin. Côté français, la route n'est pas en très bon état, ce qui n'est pas le cas côté navarrais. En haut du col de nombreux magasins, les fameuses ventas. C'est d'ailleurs à cet endroit que les nombreuses voitures françaises vont et une fois le col passé, nous étions les seuls à descendre vers la vallée de la Bidasoa.

Quel dépaysement ! La paysage est radicalement différent. La mer semble maintenant bien loin (mais en fait seulement à une vingtaine de kilomètres). Les paysages sont ceux de la moyenne montagne couverte de forêts. Nous avions choisi de visiter deux villages basco-navarrais : Lesaka et Arantza.

L'atmosphère dans ces villages nous rappelle effectivement que nous sommes certes en Navarre mais toujours en Pays Basque. De nombreux manifestes soutiennent les prisonniers politiques.


Les inscriptions sont quasiment toutes en langue basque. Les indications en castillan sur les panneaux sont effacées. Peu d'indication pour se diriger. En allant de Lesaka à Arantza, sur une petite route, nous avions cru un moment de ne pas avoir pris la bonne direction. Mais mon sens de l'orientation ne sétait pas trompé.
Commençons par Lesaka qui présente de nombreux types d'architectures avec ses maisons aux balcons ouvragés et leurs portes sculptées.


Les ruelles sont pavées en alternance de petits galets et de grandes pierres. Le centre du village est traversé par un rio qu'enjambent de nombreux petits ponts de pierre.


Plus loin dans la vallée et plus haut, voici Arantza. C'est un point de départ pour de nombreuses excursions en montagne.
Les maisons sont mouchetées de pierres, en grès ou de granit, qui tranchent sur le fond blanc des façades.


samedi 11 octobre 2008

Donostia, perle du Cantabrique

Commençons notre visite de l'Hegoalde par Donostia, capitale du Gipuzkoa. Cette région est riche et industrielle. Je n'avais pas une bonne image de Donostia (Saint-Sébastien) et je ne sais pas pourquoi. Peut-être me l'avait-on présentée comme une ville industrielle quand j'étais jeune. A vrai dire, avec l'autoroute nous sommes arrivés rapidement au centre et nous n'avons pas traversé de quartiers hideux, ou sûrement nous les avons évités.

Je garde maintenant de cette ville une bonne image de station balnéaire chic. Ce n'est pas pour rien qu'elle est surnommée la Perle du Cantabrique. Pour ceux qui n'auraient pas lu le billet précédent, je rappelle que la mer Cantabrique est la partie de l'océan Atlantique qui borde la côte nord de l'Espagne.


Puente de la Zurriola

Construite à l'embouchure du fleuve Rio Urumea, Donostia est entourée des monts Urgull et Igeldo. Elle s'étend également le long de sa célèbre plage de la Concha. C'est vrai que cette plage a une forme de coquille, d'où son nom.


Isla Santa Clara

Playa de la Concha

La vieille ville est intéressante à visiter avec ses rues étroites, ses petits maisons. Dans ce quartier populaire, voici la plaza de la Constitucion. Cette place carrée du XVIII° s. fut utilisée comme plaza de toros. On peut s'en rendre compte en voyant les numéros des balcons qui correspondaient au numéro des loges.

Plaza de la Constitucion

Pas très loin, voici l'égise San Vicente, la plus ancienne de la ville. Elle a été refaite en style plateresque au XVI°s. Le style plateresque est un style architectural espagnol au décor très chargé.

Iglesia San Vicente


Pas très loin, se trouve l'Iglesia de Santa Maria. Elle date du XVIII°s et a une belle façade de style churrigueresque avec un Saint-Sébastien transpercé de flèches. Il manque de recul pour apprécier cette construction et de plus l'église était en travaux. Le style churrigueresque est un style d'architecture et de sculpture décoratives espagnoles de la première moitié du XVIII° s. d'un baroque exacerbé.

Iglesia Santa Maria


Quittons le vieille ville et rendons-nous dans le Barrio romantico.

Après avoir traversé, les jardins d'Alderdi Eder,


croisé l'Avenida Libertad,


parcouru la Calle San Bartolomé , voici la Cathédrale del Buon Pastor, de style néogothique de la fin du XIX°s.

Le Barrio romantico s'étend autour de la cathédrale. Il possède de jolis bâtiments du XIX° et même Art Nouveau. Mais c'est également le quartier commerçant de la ville où l'on retrouve des enseignes connues. Si la cathédrale n'a rien d'extraordinaire, je crois que ce quartier saura également plaire aux touristes, plus particulièrement à ceux de la gent féminine.

mardi 7 octobre 2008

Le Pays Basque et ses provinces

Avant de se rendre du côté sud, c'est-à-dire en Hegoalde, je pense qu'il est utile de préciser la composition du Pays Basque.
Le Pays Basque ou Euskal Herria se compose de 3 entités administratives.


La première est le Pays Basque nord (Iparralde) situé dans le département des Pyrénées-Atlantiques. Cette entité comprend 3 provinces.

Le Labourd (Lapurdi) correspond à la région maritime qui possède les attraits de la mer et de la montagne. On y trouve les villes balnéaires de Bayonne (Baiona), Biarritz (Miarritze), Saint-Jean-de-Luz (Donibane Lohitzun) et Hendaye (Hendaia). On y trouve également les charmants villages traditionnels comme Espelette (Ezpeleta), Ascain (Azkaine), Ainhoa, Sare (Sara) ou Itxassou (Itsasu).


Ascain dans le Labourd

La Basse-Navarre (Behe Nafarroa) s'étend sur trois vallées. La haute vallée de la Nive (pays de Cize ou Garazi) avec la ville de Saint-Jean-Pied-de-Port (Donibane Garazi) est située sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. La haute vallée de la Bidouze (pays de Mixe ou Amikuze) s'étend autour de la ville de Saint-Palais (Donapaleu). Entre ces deux vallées, on trouve la vallée de la Joyeuse (ou Aran) qui forme le pays d'Arberoue.

La Soule (Xiberoa) avec Mauléon-Licharre (Maule-Lextarre) comme capitale est selon ses habitants le vrai Pays Basque, celui qui n'est pas dénaturé par le tourisme. Ses maisons ressemblent aux maisons béarnaises et ses montagnes sont bien différentes des douces montagnes du Labourd.

Le reste du département des Pyrénées-Atlantiques ne fait pas partie du Pays Basque et forme la province du Béarn avec Pau comme capitale.

La deuxième entité est la Communauté Autonome du Pays-Basque (Euskadi en basque ou Pais Vasco en castillan) qui s'étend le long de la mer Cantabrique, mer littorale de l'océan Atlantique baignant toute la côte nord de l'Espagne.

L'Euskadi se compose de 3 trois provinces.

Le Guipuscoa (Gipuzkoa) est une riche province composée de vallées perdues et de zones industrielles. Avant d'atteindre les charmants centres-villes des stations balnéaires, il faut parfois traverser des quartiers industriels hideux. La capitale de cette province est Saint-Sébastien (Donostia).


Saint-Sébastien en Guipuscoa

La deuxième province est la Biscaye (Bizkaia). C'est également la plus riche du Pays Basque avec Bilbao (Bilbo) comme capitale. Bilbao est très visité pour son célèbre musée, le musée Guggenheim. Mais la Biscaye a également d'autres atouts touristiques : sa côte superbe et ses vallées intérieures.

La troisième province n'a pas de façade maritime. Il s'agit de l'Alava (Araba) qui souffre de n'être qu'une voie de passage au carrefour des axes Bilbao-Barcelone et Irun-Madrid. Pourtant, à l'exception de la mer, elle possède également les atouts des autres provinces. Il y a beaucoup de choses à voir : de magnifiques parcs nationaux , des églises romanes, des cascades, des palais, des villages où rien n'a changé depuis 300 ans. Sa capitale est Vitoria (Gasteiz)


La troisième entité est constitué du reste du Pays basque sud : il s'agit de la Communauté forale de Navarre dont Pamplune (Iruña) est la capitale. Elle forme une seule province.
Arantza en Navarre
La Navarre s'étend de la vallée de la Bidasoa à la vallée de l'Ebre. Au nord, c'est un paysage de montagne aux forêts de conifères au climat océanique et au sud on y trouve cyprès et oliviers du fait de l'influence de la mer Méditerranée sur laquelle s'ouvre la vallée de l'Ebre. Au nord, on peut se croire en Suisse, au sud en Italie.

lundi 29 septembre 2008

Gomorra







Sortie ciné, ce soir où je suis allé voir Gomorra avec ma femme. Déjà d'abord parce que j'aime les films en langue originale, autres que les films américains grand public.


Mais, également et surtout parce que ma femme étant napolitaine, ce film traite d'un sujet qui ne pouvait pas nous laisser indifférent : la camorra et son emprise mafieuse sur Naples et sa région.

Le film, quasiment entièrement en dialecte napolitain, est tiré du livre éponyme de Roberto Saviano , que nous avons évidemment à la maison en langue italienne.

Roberto Saviano a enquêté pendant plusieurs années sur les activités de la Camorra dont le but premier est de maximiser ses profits et est prête à tout pour atteindre cet objectif.
Roberto Saviano présente des faits et des éléments concrets. Il passe en revue différents dossiers, dont les rapports avec la Chine, le rôle du port de Naples, la confection et évidemment le trafic d'armes et de drogue.

Le livre et le film traitent également du trafic de déchets toxiques avec lequel la Camorra s'enrichit quitte à empoisonner toute une région. Les derniers événements liés au ramassage des ordures dans la région de Naples sont une conséquence de la main mise de cette activité par la Camorra.



Avec ce livre, Roberto Saviano, jeune napolitain né en 1979, présente la corruption à l'oeuvre en Campanie et la logique de l'ultralibéraslisme poussé à l'extrême. Tout est bon pour s'enrichir et rien ne doit entraver le système.


Roberto Saviano

Après avoir dénoncé ouvertement, les protagonistes du racket organisé sur sa terre natale, Roberto Saviano bénéficie aujourd’hui d’une protection policière permanente.
(site officiel de Roberto Saviano : http://www.robertosaviano.it/)

Sur fond de guerres de clans et de trafics en tous genres, le film à travers 5 destins croisés reprend les différents thèmes : trafic de drogue, trafic d'armes, prostitution, trafic de déchets toxiques, confection, guerre des clans, etc.

On y voit les Vele de Scampia, quartier sordide du nord de Naples où le chômage sévit. Il y règne la misère et les gens vivent de combines et de trafic. C'est dans ce quartier qu'il y a le plus de meurtres. Plus personne n'ose s'aventurer dans cette zone de non droit qui est sous le contrôle des clans camorristes. La Camorra a beaucoup d'emprise dans les quartiers où le chômage est omniprésent.

Mais, rassurez-vous, Naples et sa région, ce n'est pas seulement ce que l'on peut voir dans le film. Le film montre une réalité qu'il ne faut pas nier mais Naples a également d'autres facettes et sa population aussi.

Plus d'infos sur ce film

dimanche 28 septembre 2008

Le Petit Train de la Rhune, un train à crémaillère

Lorsque la pente est trop forte, les trains ne peuvent plus monter du fait de l'adhérence insuffisante entre les roues en acier et le rail en acier. Ils patinent. Il faut donc faire appel à d'autres techniques. Une de ces techniques est le système à crémaillère qui est utilisé par le Petit Train de la Rhune.

Ce petit train, construit en 1924 mais rénové depuis, amène les touristes du Col de Saint-Ignace (altitude 169 m) jusqu'au sommet de la Rhune (905 m) en 35 minutes à la vitesse de 8 km/h. Du moins, presqu'au sommet, car la gare est à 887 m.

Un peu de technique pour les ferrovipathes :

La ligne de 4,2 km est à voie métrique et est alimentée en courant triphasé 50Hz sous une tension de 3000 Volts. La traction dispose d'un double pantographe et les caténaires sont doubles.

La crémaillère est du type Strub. Il faut bien ça pour une déclivité qui atteint 250 millimètres par mètre, soit 25 %. La motrice pousse les wagons dans la montée et les retient dans la descente.

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